Citations

     « Le voyage a cerné son oeil.Citation mater

   L’émotion, la mémoire en retour obligent à l’atelier. Travailler, s’isoler, se concentrer sur le motif, enfermé dans un minuscule carré.

  Les femmes maternant leurs enfants serrés contre leur poitrine, mère, grand-mère   en exil. Des familles entières abandonnées par la fatalité du déplacement, sacrifiées au pouvoir, laissées pour compte sur des terrains vagues.

  La mère dans son déracinement abrite l’enfant en son centre et le protège. Les enfants sont enveloppés de l’habit maternel, paravent à la douleur.

  Ce sont ces images de pensées auxquelles l’artiste tente de redonner corps, des  images éprouvées de réalité, l’aveuglement du monde sur ces femmes et ces enfants, oubliés, vus lors de voyages au Moyen-Orient. Les oeuvres d’Alain Gestin divulguent l’idée de ces corps, le lien de la mère à l’enfant, de la vie à la mort.

   Les maternités posent ici et là indifférentes aux regards indiscrets, dans une intimité fracassante.Son trait dessine des corps enveloppés, extirpe du papier des corps d’enfants pris dans des espaces sans lieux. Les dessins s’accrochent, fusent pour tenter d’inscrire la violence. Des corps se superposent s’enlacent avec vigueur.

Le peintre conserve la position.

L’apparente légèreté des drapés revêt une profondeur existentielle, une noirceur lourde, une épaisseur des liens humains. La fragilité des personnages, la finesse du papier et la force plastique du trait se confrontent et ébranlent. Il y a dans ces dessins des moments intenses, des traces signifiantes bouleversantes.

Artiste volontairement engagé, les oeuvres d’Alain Gestin sont des traces, des signes de corps en dualité, signes arrêtés de temps forts de liens enracinés dans nos histoires.

Céline Châtillon, historienne de l’art. ( Avril 2011)

« Empoigner la couleur et la tordre toujours plus loin

jusqu’à ne plus faire écho à aucune architecture connue

jusqu’à nous faire perdre le sens de toute structure
bien que la composition ne soit jamais cédée au hasard

suivre simplement le chemin du pigment sur la toile, chemin de couleur,
d’énergie organique un volcan bleu crache sur la toile sa matière
avec orgueil parce que le peintre l’a côtoyée longtemps

jusqu’à ce que ce bleu pur de tout mélange devienne incandescent.

Cela est la vie de la peinture, celle qu’Alain Gestin lui a donnée.

Amel Zmerli 05 juin 2007

Peinture : chantier permanent.
Les bleus de GESTIN.
Lacs azurs aux profondeurs insoupçonnées. Biffages rageurs, un temps, dominés. Conscience des incisions, stries lumineuses, superpositions sur les veines bleutées, laques et cendres mêlées. Flirt passionné le long des bords, déroutes évitées …
… Cascades, entailles, griffures. Absorbées. La toile a bu. Pigment témoin, peau de lin bordée de râle de plaisir …
… Des jaunes d’or et de safran sont là et avertissent, impatients, le temps fuit et entre les doigts crisse. Zeste de zébrures vouées à l’éternelle refonte de l’art de la peinture en l’homme et vice-versa.

Christophe MASSE (Décembre 1997)

Bleu diagLe bleu, l’espace bleu comme une exigence.
Un territoire à défendre, un lieu entre air et eau.
De ces éléments que l’on ne peut contenir et sans lesquels toute vie est impossible.

Alain GESTIN Décembre 1997


Peintures où les deux dimensions cherchent l’espace, gravures profondes qui résultent d’une attaque puissante de la plaque métallique, structures où la couleur et le relief s’affrontent et s’équilibrent. Dans le travail d’Alain GESTIN, les techniques se répondent, correspondent, s’influencent, répercutent de l’une à l’autre des rimes et des échos. Parce que les techniques ne sont que des moyens d’expressions, l’expression d’un univers, l’univers mental de l’artiste, apprivoisé par la couleur, par le geste, par la trace du geste sur la toile ou l’acier.Hervé JOUBEAUX Conservateur du Musée d’Etampes Octobre 1994

Alain GESTIN risque dans ses compositions,

une belle envolée,

toute en gestualité,

sans pour autant négliger l’apparition de figures emportées dans ce vaste mouvement de conquête.

Jean-Jacques LEVEQUE, Le Quotidien de Paris 25 novembre 1992

Les silences d’Alain GESTIN le guident vers un domaine presque religieux où l’expressionnisme de son dessin se trouve atténué par les contrastes des couleurs où certains accents presque blancs atteignent les infinies possibilités de murmure.


René DEROUDILLE, critique d’art, Lyon-Matin 2 avril 1982

Je connais Alain GESTIN et son travail
depuis assez longtemps pour apprécier la rigueur de la recherche et la liberté de l’invention. Notamment dans le rapport au texte poétique, puisque, peinture, dessin, gravure, tout le travail d’Alain GESTIN, accompagne, de près ou de loin, le cheminement de la voix poétique.
Justement, invention et rigueur sont la marque de sa manière dans l’accompagnement de mon propre travail poétique – et cette manière me touche particulièrement par son caractère méditatif.


Ludovic JANVIER, écrivain, Jeudi 7 septembre 1995

Peinture, gravure, craies et crayons tentent souvent de concilier
ce qui s’oppose ailleurs. Formes et volumes veulent à tout prix
s’échapper de la platitude du papier, pour inventer la profondeur,
c’est la magie désormais coutumière du dessin.

Alain Gestin ne se contente plus seulement de perspective.
Suggérer une dimension ne pourrait lui suffire. Il veut la créer.
D’autres charmes, d’autres mystères ouvrent ses oeuvres vers
des horizons neufs dont le calcul nous échappe. De vertigineux
équilibres, d’insolites oppositions roulent leur flot, obscurs
raffinements surgissant d’une tendre violence, évidentes ambiguïtés,
baroque sérieux et j’en passe… Il faudrait inventer des féminités d’ogres,
des ouragans calmes qui n’en finiraient plus de décliner, laborieuses,
ce qui peut s’éclaircir dès que l’on y prête l’oeil.

Les rhétoriques usuelles échouent à déclamer ces images. En revanche,
Alain Gestin crée tranquillement ses oxymores, voire ses antithèses. Il en fait
un monde à lui, comme pour inquiéter nos catégories stables. Mieux il subvertit
la représentation jusqu’à la rendre signe. Une écriture? Ce serait trop peu.
Glyphe si l’on veut, symbole quand on ne peut faire autrement, la toile ne joue
ni au miroir ni à l’objet.

C’est à nous de voir.

Orlando de Rudder

Écrivain
2 janvier 1990

Je peins une appréhension de l’humain.
Je ne peins pas des personnages au sens manifeste du terme.

Suggérer plus que figurer.
Peindre des figures, des fragments tout au plus;
Des figures définies dans un espace tout aussi interne qu’externe.

Peindre sans décrire, rendre compte.

GESTIN Août 1994

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