Tweet




Tweet



TweetPin It" />

« Notes sur la mélodie des choses » R M RILKE





XXXIX

  Et nous sommes comme des fruits. Nous pendons haut à des branches

étrangement tortueuses et nous endurons bien des vents.

Ce qui est à nous c’est notre maturité, notre douceur et notre beauté.

Mais la force pour ça coule dans un seul tronc depuis une racine

qui s’est propagée jusqu’a couvrir des mondes en nous tous. Et si nous

voulons témoigner en faveur de cette force, nous devons l’utiliser chacun

dans le sens de sa plus grande solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle,

émouvante et puissante est leur communauté.

XXXX

Et ce sont justement les plus solitaires qui ont la plus grande part à la communauté.

J’ai dit plus haut que l’un perçoit plus, l’autre moins, de l’ample mélodie de la vie;

en conséquence, incombe à ce dernier une tâche moindre ou plus médiocre dans le grand orchestre.

Qui percevrait toute la mélodie serait tout à la fois le plus solitaire et le plus lié à la communauté.

Car il entendrait ce que nul n’entend, et ce pour l’unique raison qu’il comprend en son achèvement

ce dont les autres, tendant l’oreille, ne saisissent que d’obscures bribes.

Rainer Maria Rilke

Notes sur la mélodie des choses

Éditions Allia

, , , ,

No comments yet.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress. Designed by Woo Themes